Orwell sort une superbe live session, interview
















Après la sortie de leur album Parcelle Brillante en 2020, Orwell sort aujourd'hui une magnifique live session dans une maison d'architecte à deux pas de Nancy. Occasion idéale pour faire le point sur le projet. Entretien avec Jérôme Didelot, créateur de Orwell.
Peux-tu nous présenter Orwell ?
C’est une aventure qui dure depuis une vingtaine d’années. L’idée de base était de trouver un terrain d’entente entre la musique anglo-américaine qui m’a bercé et mon identité française. Je trouvais qu’il y avait peu d’artistes qui avaient exploré cette veine, même s'il y en a quelques-uns comme William Sheller ou Les Innocents. J’aime l’idée que le chant ait presque un rôle d’instrument, ou celle que l’auditeur soit porté par la mélodie avant le texte. En fait, je cherchais à trouver une formule où le français colle bien dans cet univers anglo-saxon, même si j’ai pu écrire quelques chansons dans la langue de Shakespeare. On a notre propre label associatif et on travaille avec des petits labels de passionnés à l’étranger, en Belgique et aux États-Unis pour le dernier album.
Quelle est la formation du groupe ?
Il y a eu deux périodes : une première au départ en trio avec Alexandre Longo (qui a formé Cascadeur ensuite) et Thierry Bellia (qui a formé Variety Lab ensuite), puis une seconde où la formule est devenue moins figée : moi entouré d’une nébuleuse de musiciens qui vont et viennent. Alexandre et Thierry avaient certainement besoin de développer leurs propres projets, car j'ai eu tendance à pas mal délimiter les choses dans Orwell au début. (rires) Cela dit, on est restés collaborateurs (et avant tout amis !), on participe à nos projets respectifs, on s’envoie nos morceaux, on échange, c’est une agréable façon de procéder.
Aujourd’hui, la formation est stabilisée en quintet avec une section rythmique classique, un flûtiste/claviériste, un vibraphoniste et moi à la guitare et au chant. Mais il y a également des musiciens additionnels qui peuvent intervenir (violonistes, joueurs d’instruments classiques...), c’est la maison Orwell : cela permet de varier selon les configurations proposées.
Tu as sorti un album durant le premier confinement ?
Parcelle brillante était déjà fini au début du confinement, et il est sorti le 24 avril 2020, au cœur du confinement. On a maintenu la sortie parce que l’enjeu n’était pas si grand… C’est pas un disque de Johnny non plus ! (rires) Je crois qu’on a bien fait, l’album a existé médiatiquement, pas mal de bonnes chroniques, playlisté sur FIP, ce disque a eu son petit bonhomme de chemin et j’en suis satisfait. D’une certaine façon, on a profité du Covid qui a limité les sorties et nous a peut-être permis d’avoir une meilleure visibilité. Et puis, il y a eu cette petite fenêtre de déconfinement qui nous a offert la possibilité de faire 5 ou 6 concerts en fin d’été. Honnêtement, je ne peux pas me plaindre, tout s’est bien goupillé. On a joué à Épinal, sur une proposition du festival des Imaginales car le disque a un lien avec un auteur de science fiction ; on a joué également à Metz, à Verdun dans une église après avoir passé cinq jours à travailler sur une création avec de jeunes élèves de l’école de musique, et bien sûr à l’Été indien de l’Autre Canal !
Et aujourd’hui, une session live…
Même si on n’a pas énormément été pénalisés par le contexte sanitaire concernant l’album, il y avait la frustration de ne pas pouvoir se retrouver, la frustration de ne pas pouvoir jouer. On a alors eu envie d’enregistrer une session, envie qui s’est amplifiée quand on a découvert le lieu où elle pouvait se produire ! Il s’agit d’une maison dessinée par un architecte très coté dans les années 70 – Robert Anxionnat, qui a notamment travaillé avec les frères Prouvé – située sur les hauteurs de Malzéville. Autour de ce tournage, on a obtenu un petit partenariat avec le magazine Magic. L’idée derrière cette session filmée était par ailleurs de donner une image à notre musique car, en écoutant l’album, on peut être en droit de se demander à quoi ça peut ressembler en live car il y a pas mal d’arrangements. Je tenais à proposer quelques titres sans éléments pré-enregistrés, tout est joué live. Aujourd’hui, beaucoup de groupes utilisent une technologie d’appoint sur scène ce qui permet d’avoir un son bien enrobé, et je voulais montrer que cette musique peut être jouée sans artifices.
Par ailleurs, Orwell étant assez confidentiel, cette session offre un aperçu de l’existence scénique du projet. J’ai l’impression qu’on a trouvé une formule intéressante pour jouer le disque. Outre la base classique “basse/batterie/guitare”, le fait d’avoir une flûte, un vibraphone (avec effets) et Renaldo et Jacques qui chantent, cela offre une belle palette de sons et de textures pour restituer les chansons des différents disques, pas toujours enregistrées dans la même configuration. Un autre parti pris de cette session live était de mettre le lieu en avant, il y a un super jeu avec les baies vitrées, un gros travail sur la lumière…
Et maintenant ?
Aujourd’hui, le monde rouvre, on a quelques concerts prévus cet été en juillet, à Colmar le 22 sur une proposition de la Fédération Hiero et le 24 juillet aux Nuits de Longwy. Et puis je travaille sur un E.P. 4 titres en marge d’Orwell, dont j’espère pouvoir dire un peu plus dans quelque temps.